Lors du travail de recherche qui amène à la publication de l’article de ce blog, (29 juillet 1915) « Le chiffre des pertes de notre côté est encore inconnu », Eric Mansuy exhume de ses archives un document avec la liste des officiers blessés ou tués au sein du 5e BCP. Un document qui aussitôt suscite une idée : retracer le parcours individuel de chacun de ses hommes. C’est en fait une longue recherche qui démarre, qui s’élargit aux combats précédents et met progressivement en lumière l’hécatombe au sein de l’encadrement, le renouvellement rapide des cadres, et leur origines très diverses. Les saint-cyriens, décimés lors des premières semaines, laissent rapidement la place aux officiers du rang ou de Saint-Maixent. C’est une étude magistrale de ces parcours qu’Eric me donne l’occasion de publier sur ce blog. Qu’il soit une nouvelle fois remercié pour ce travail passionnant…

50 pertes par jour. Tel a été, en moyenne, le montant des pertes maximales subies au Linge par le 5e BCP entre le 26 juillet et le 7 août 1915. Elles sont sans commune mesure avec celles d’Ingersheim, le 22 août 1914 (120 hommes), ou celles, épouvantables, de la seule journée du 1er septembre 1914, durant laquelle 589 hommes ont été mis hors de combat. Aux environs de Mandray, ce sont près de 10 hommes qui tombent chaque jour entre le 5 et le 10 septembre (49 pertes totales). Les combats de Steinbach, mi-décembre 1914, infligent au bataillon plus de 135 pertes quotidiennes durant trois jours. A Uffholtz, du 23 janvier au 4 février 1915, les pertes atteignent 375 tués, blessés, disparus, soit près de 29 pertes par jour. Enfin, la lutte livrée à l’Hilsenfirst, entre le 20 juin et le 4 juillet 1915 a causé la perte journalière de près de 39 hommes. Au final, donc, les pertes de l’été 1915 n’ont plus rien à voir avec celles endurées en 1914. Le fait est, mais en revanche, le sanglant séjour au Linge a une particularité propre au 5e BCP : son encadrement en officiers y a été décimé, comme nous allons le voir dans le détail.

Comment les combats impactent les effectifs des officiers ?

Commençons par nous intéresser aux précédents combats, que nous venons de citer, et plus précisément à leur impact sur les cadres en officiers :

  • à Ingersheim, les pertes en officiers (3 blessés) valent pour 2,5% de l’ensemble des pertes du bataillon
  • à Entre-deux-Eaux, 4 morts et 1 blessé représentent 0,85% de l’ensemble
  • à Mandray, ce sont 6 officiers qui sont hors de combat, soit 12,25% de l’ensemble
  • à Steinbach, les officiers perdus (au nombre de 5) valent pour 1,23% de l’ensemble des pertes
  • à Uffholtz, la perte de 11 officiers vaut pour 2,93% de l’ensemble
  • à l’Hilsenfirst, ce sont 18 officiers qui sont perdus, soit 3,13% de l’ensemble
  • au Linge, enfin, les pertes en officiers se montent à 19, soit 2,94% de l’ensemble.

Voyons à présent dans quelle mesure l’effectif des officiers a été touché par ces pertes, en nous fondant sur les organigrammes présents dans le JMO du bataillon.

  • à Ingersheim, l’encadrement a perdu 12,5% de son effectif
  • à Entre-deux-Eaux, l’encadrement a perdu 20,8% de son effectif
  • à Mandray, l’encadrement a perdu 42,8% de son effectif
  • à Steinbach, l’encadrement a perdu 45,4% de son effectif
  • au Linge, l’encadrement a perdu 86,3% de son effectif.

Deux conclusions, à ce stade, apparaissent :

  • les pertes en officiers augmentent de manière conséquente entre les combats de 1914 et ceux de 1915 : en 1914, 3 à Ingersheim, 5 à Entre-deux-Eaux, 6 à Mandray, 5 à Steinbach ; en 1915, 11 à Uffholtz, 18 à l’Hilsenfirst, 19 au Linge ;
  • les combats de la guerre de position, en 1915, font peu à peu croître les pertes journalières en officiers, avec une moyenne de 0,84 par jour à Uffholtz (sur 13 jours), 1,2 par jour à l’Hilsenfirst (sur 15 jours), 1,4 par jour au Linge (sur 13 jours).

Les pertes lors des combats précédant le Linge

Voici pour les chiffres. Derrière ces chiffres, qui sont ceux qui ont commandé au sein du 5e BCP, ont été blessés ou tués, et surtout, à quels parcours d’officiers avons-nous affaire ?

L’entrée en guerre et les combats de Mandray

Les cadres du bataillon lors de l’entrée en guerre

Le 3 août 1914, l’encadrement du bataillon est le suivant :

Commandant Charles Auguste Jules JACQUEMOT (Saint-Cyr, 1890-1892)
Lieutenant Charles DELAHAYE (Ecole Militaire d’Infanterie, 1906-1907)
Lieutenant Armand Joseph Edouard COPPENS (incorporé en 1895, aspirant en 1903)
Lieutenant Georges Jacques Frédéric BEUCLER (engagé volontaire en 1906, Ecole Militaire d’Infanterie, 1907-1908)

1re compagnie

Capitaine Jean Marie Lucien Auguste MICHET de la BAUME (Saint-Cyr, 1897-1899)
Lieutenant Marie Joseph Jules Léon ROUSSEL (engagé volontaire en 1897, Ecole Militaire d’Infanterie, 1902-1903)
Lieutenant Jean Eugène Victor CARDOT (incorporé en 1903,  Ecole Militaire d’Infanterie, 1909-1910)
Sous-lieutenant Jacques THAMIN (Saint-Cyr, 1913-1914)

2e compagnie

Capitaine MOUGEL (Ecole Militaire d’Infanterie, 1900-1901)
Lieutenant Albert Raymond TABOURNEL (Saint-Cyr, 1904-1906)
Sous-lieutenant André Joseph Antonin BOUCHUT (Saint-Cyr, 1912-1914)

3e compagnie

Capitaine Ludovic Charles Arthur de GUERNON (incorporé en 1893, Ecole Militaire d’Infanterie, 1898-1899)
Sous-lieutenant Jean ADAM (incorporé en 1908)
Sous-lieutenant Paul Marie Claude LESAGE
Sous-lieutenant Alfred Georges SCHLUMBERGER (Ecole des Eaux et Forêts, Nancy)

4e compagnie

Capitaine Léon Georges Rodolphe NARDIN (Saint-Cyr, 1896-1898)
Lieutenant Edouard MERKLEN (engagé volontaire en 1894, Ecole Militaire d’Infanterie, 1902-1903)
Sous-lieutenant Lucien CONJARD (Saint-Cyr, 1912-1914)

5e compagnie

Capitaine Prosper Joseph LALLEMAND (Saint-Cyr, 1896-1898)
Lieutenant Louis Jean Marie DÉLIVRÉ (engagé volontaire en 1893, Ecole Militaire d’Infanterie, 1902-1903)
Lieutenant Louis GRAS (Ecole Militaire d’Infanterie, 1913-1914)

6e compagnie

Capitaine René Charles Adolphe Marie MATHIEU
Lieutenant Georges Marie Alphonse HEUDE (Saint-Cyr, 1903-1905)
Lieutenant Jean Paul Robert CHENOT (Saint-Cyr, 1902-1904)

De quelles écoles sont issus ces officiers ?

Sur ces 24 officiers, 22 parcours nous sont connus. En nous fondant sur ces 22 cas, 45% de ces officiers sont passés par Saint-Cyr, 41% sont passés par Saint-Maixent (Ecole Militaire d’Infanterie). A Ingersheim, le 22 août 1914, le bataillon enregistre 3 blessés : 2 Saint-Maixentais (Mougel et Gras) et 1 Saint-Cyrien (Tabournel, non évacué). Le 1er septembre, à Entre-deux-Eaux, ce sont 3 Saint-Cyriens (Nardin, Conjard, tués, Bouchut, mort de ses blessures), 1 diplômé des Eaux et Forêts (Schlumberger, tué) et 1 Saint-Maixentais (de Guernon) qui tombent.

   

Sous-Lieutenant Lucien Conjard

 

L’impact des combats de septembre 1914

Les combats livrés entre le 5 et le 10 septembre bouleversent ensuite l’encadrement de manière prégnante. En effet, aux environs de Mandray sont perdus 4 Saint-Cyriens (Heudé et Tabournel, tués, Jacquemot et Thamin, blessés), 1 Saint-Maixentais (Roussel, blessé), et 1 officier issu du rang (Adam, tué). A ceux-ci s’ajoute, le 17 septembre, blessé à l’Ormont, le sous-lieutenant Besançon, papetier relieur incorporé au 5e BCP en 1903.  

    

 

Les combats de Steinbach

Le bataillon à la mi-octobre 1914

A la date du 18 octobre 1914, l’encadrement est le suivant (les noms soulignés sont ceux des nouveaux cadres) :

Commandant Léon COLARDELLE (Saint-Cyr, 1889-1891)
Lieutenant Charles DELAHAYE
Lieutenant Armand Joseph Edouard COPPENS
Lieutenant Georges Jacques Frédéric BEUCLER

1ere compagnie

Capitaine Jean Marie Lucien Auguste MICHET de la BAUME
Sous-lieutenant Marie Michel Alexis Augustin FAIVRE d’ARCIER (incorporé en 1912)

2e compagnie

Capitaine Jean Paul Robert CHENOT
Sous-lieutenant Jehan Henri Paul Charles Ernest de MONLEON (incorporé en 1904)

3e compagnie, en cours de reconstitution

Capitaine Arthur Louis Philippe d’ESCODECA de BOISSE (Saint-Cyr, 1900-1902)
Sous-lieutenant Joseph MATUSSIERE (engagé volontaire en 1894)
Sous-lieutenant SIMEON

4e compagnie

Capitaine René Charles Adolphe Marie MATHIEU
Sous-lieutenant Jacques THAMIN
Sous-lieutenant Jean Fernand NAUDON (incorporé en 1907)

5e compagnie

Capitaine Louis Jean Marie DÉLIVRÉ
Sous-lieutenant Louis GRAS

6e compagnie

Capitaine Emile Victor MANSUY (incorporé en 1895, Ecole Militaire d’Infanterie, 1901-1902)
Lieutenant Jean Eugène Victor CARDOT
Sous-lieutenant François BALLAY

Bilan des pertes après 5 mois d’engagement

A Steinbach, du 13 au 15 décembre 1914, le 5e BCP perd 2 Saint-Cyriens (Chenot, tué, Willigens, capturé), 1 Saint-Maixentais (Cardot, blessé), 2 officiers issus du rang (Matussière, tué, de Monléon, capturé).

Les cinq premiers mois de la guerre ont touché :

  • 9 officiers de Saint-Cyr : 6 tués ou morts de leurs blessures (Nardin, Bouchut, Conjard, Heudé, Tabournel (également blessé le 22 août), Chenot), 2 blessés (Jacquemot, Thamin), 1 capturé (Willigens) ;
  • 6 officiers issus du rang : 3 tués (Adam, Faivre d’Arcier, Matussière), 2 blessés (Besançon, Naudon), 1 capturé (de Monléon) ;
  • 5 officiers de Saint-Maixent, tous blessés (Mougel, Gras, de Guernon, Roussel, Cardot) ;
  • 1 officier de l’Ecole des Eaux et Forêts de Nancy (Schlumberger).

      

Statistiquement parlant, ces 21 pertes se déclinent comme suit : 42,8% de Saint-Cyriens, 28,6% d’officiers issus du rang,  23,8% de Saint-Maixentais, 4,8% pour l’Ecole des Eaux et Forêts de Nancy.

Les combats d’Uffholtz

L’année 1915 débute pour le 5e BCP avec la perte de 11 officiers dans les combats d’Uffholtz, en janvier et février. Le bataillon accuse alors 4 tués (le lieutenant Besançon, et les sous-lieutenants Bonjour, Lesage, Moulun), 5 blessés (le capitaine Muller, les lieutenants Gras, Legathe, Thamin, le sous-lieutenant Cosson), 2 disparus (les sous-lieutenants Sonrier et Ferrière).

Les parcours de 7 de ces 10 officiers nous sont connus : Thamin était Saint-Cyrien ; Muller, Gras et Cosson étaient Saint-Maixentais ; Besançon, Bonjour et Legathe étaient des officiers issus du rang.

Les combats de l’Hilsenfirst

Le commandant Colardelle

L’Hilsenfirst inflige au bataillon ses pires pertes en officiers depuis le début de la campagne : 4 morts (le commandant Colardelle, les sous-lieutenants de Masson d’Autume, Michel, Meurer), 11 blessés (le lieutenant Canet, les sous-lieutenants Aubry, Bourgeois, Camus, Godefroy, Nitard, Ordioni), 3 capturés (le capitaine Coppens, les sous-lieutenants Bruère et Mengel).

Hélas, la majeure partie des éléments biographiques concernant ces officiers nous fait défaut. Le commandant Colardelle était Saint-Cyrien ; le capitaine Coppens, nous l’avons vu, avait gagné ses galons dans le rang ; le sous-lieutenant de Masson d’Autume était sergent au 5e BCP en novembre 1914 ; les sous-lieutenants Camus, Meurer et Nitard étaient des engagés volontaires (respectivement en 1911, 1906, 1910), le sous-lieutenant Mengel était un professeur de dessin incorporé en 1912, et le sous-lieutenant Michel, un étudiant incorporé en 1913.

L’hecatombe du Linge

Le bataillon avant et pendant l’engagement

L’organigramme au 18 juillet 1915

Alors que se profilent les combats du Linge, voici ce que nous savons de l’organigramme du bataillon, à la date du 18 juillet 1915 :

Commandant Charles Elisée BARBEROT (Saint-Cyr, 1894-1896)
Sous-lieutenant Paul René Louis Marie MAURICE (adjudant en août 1914)

1re compagnie

Capitaine André Louis Marie Bruno SAILLARD (Saint-Cyr, 1901-1903)
Lieutenant Pierre CLERC (douanier)
Lieutenant Emile AUDEMARD (engagé volontaire en 1907)

2e compagnie

Lieutenant N.L.A. HENNEQUIN
Sous-lieutenant Nicolas FORT

3e compagnie

Capitaine Lucien DANJEAN (Saint-Cyr, 1905-1907)
Sous-lieutenant Paul Victor GERARD (engagé volontaire au 5e BCP)
Sous-lieutenant Emile Auguste MELCIOLLE (incorporé en 1908)

4e compagnie

Capitaine Paul PEROTEL (incorporé en 1895, Ecole Militaire d’Infanterie, 1900-1901)
Sous-lieutenant François BERNIN (incorporé en 1903)
Sous-lieutenant MONTILLOT

5e compagnie

Lieutenant Michel GADAT (incorporé en 1911)
Sous-lieutenant François Henri CHAFFANJON (incorporé en 1903)

6e compagnie

Capitaine Victor MULLER (engagé volontaire en 1895, Ecole Militaire d’Infanterie, 1902-1903)
Sous-lieutenant Gabriel Pierre Charles CHAMPEYTINAUD (incorporé en 1913)

Les renforts pendant les premiers combats

Au fur et à mesure de l’accumulation des pertes après le 27 juillet, 5 autres officiers viennent s’ajouter à ceux-ci-dessus mentionnés, ou les remplacer :

Capitaine Jean Eugène Victor CARDOT
Capitaine Emile Claude François MARION (engagé volontaire en 1892, Ecole Militaire d’Infanterie, 1898-1899)
Lieutenant Léonard NOUHAUD (engagé volontaire en 1909)
Sous-lieutenant Joseph Marie de FRAMOND (engagé volontaire en 1907)
Sous-lieutenant ROUSSET (adjudant au 5e BCP avant juillet 1915)

Cet effectif de 22 officiers semble être celui dont la constitution intègre, depuis août 1914, le plus faible nombre d’officiers issus d’une école, et le plus grand nombre d’officiers issus du rang. Si nous ne pouvons nous permettre une comparaison avec l’organigramme de l’Hilsenfirst, nous avons en revanche la chance de connaître 19 parcours sur ces 22 officiers engagés au Linge.

Un encadrement bouleversé

Premières constatations :

  • il n’y a plus ici que 3 Saint-Cyriens (le chef de bataillon, et 2 capitaines) ;
  • il n’y a que 4 Saint-Maixentais (tous capitaines) ;
  • 11 officiers sont issus du rang, soit 57,9% de ceux dont les parcours sont connus.

A l’issue de l’engagement du 5e BCP au Linge, seuls 5 officiers sur 22 en redescendent indemnes.

Les tués sont :

  • le commandant Barberot (4 août),
  • le lieutenant Gadat (29 juillet),
  • le sous-lieutenant Audemard (1er août),
  • le sous-lieutenant Chaffanjon (29 juillet).

Les blessés :

  • le capitaine Cardot (5 août),
  • le capitaine Danjean (29 juillet),
  • le capitaine Marion (7 août),
  • le capitaine Perotel (4 août, 7 août),
  • le capitaine Saillard (4 août),
  • le lieutenant Clerc (4 août),
  • le lieutenant Nouhaud (6 août),
  • le sous-lieutenant Bernin (29 juillet),
  • le sous-lieutenant Fort (5 août),
  • le sous-lieutenant de Framond (1er août),
  • le sous-lieutenant Hennequin (29 juillet),
  • le sous-lieutenant Melciolle (5 août),
  • le sous-lieutenant Rousset (7 août).

Aux côtés de ces hommes a en outre été mortellement blessé, le 6 août, le médecin auxiliaire Lévi-Alvarès, mort de ses blessures à Gérardmer.

Qui sont ces hommes ?

17 officiers frappés sur 22 engagés, voici qui est très éloigné de caricatures souvent véhiculées par une idéologie tentant de faire passer ces hommes, généralement taxés d’être majoritairement issus de la noblesse ou de la grande bourgeoisie, pour des planqués envoyant leurs subordonnés à la mort sans la risquer eux-mêmes. Les carrières de ces hommes nous en donnent une vision bien différente.

Commençons par les Saint-Cyriens puis les Saint-Maixentais, devenus minoritaires au sein de l’encadrement, avant de nous attarder sur les officiers issus du rang.

Les Saint-Cyriens

Le commandant Charles Elisée Barberot (Saint-Cyr, 1894-1896).

Nous n’aurons pas l’indélicatesse de le présenter, cet honneur revenant à Philippe van Mastrigt dans l’ouvrage consacré à son grand-oncle : http://charlesbarberot.fr/

Le capitaine Lucien Danjean (Saint-Cyr, 1905-1907).

Engagé volontaire au titre de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr en octobre 1905 ;
Sous-lieutenant le 1er octobre 1907, lieutenant en 1909, capitaine à titre temporaire en novembre 1914, capitaine à titre définitif en mai 1915 ;
Au 9e BCP en 1907, au 12e BCA en 1912, au 334e RI en novembre 1914, au 5e BCP le 10 juillet 1915 ;
Blessé au Schratzmännele le 29 juillet 1915 (contusion de la hanche droite par éclat d’obus) ;

Cité à l’ordre du bataillon le 12 octobre 1914 ; cité à l’ordre de la Division le 18 novembre 1914 ; cité à l’ordre de la Division le 19 février 1916 ; cité à l’ordre de l’Armée le 1er octobre 1916 ; cité à l’ordre du Corps d’Armée le 20 novembre 1916 ; cité à l’ordre de l’Armée le 17 avril 1917 ; cité à l’ordre de la Division le 23 juin 1917 ; cité à l’ordre de l’Armée le 24 novembre 1917 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en avril 1917 ;

Mort le 6 septembre 1949.

Le capitaine André Louis Marie Bruno SAILLARD (Saint-Cyr, 1901-1903).

Engagé volontaire au titre de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr en octobre 1901 ;
Sous-lieutenant en septembre 1903, lieutenant en octobre 1905, lieutenant porte-drapeau en janvier 1907, capitaine en mars 1915 ;
Au 35e RI de 1903 à 1909, au 107RI en 1911, au 5e BCP en 1913 ;
Blessé au Linge le 4 août 1915 (éclat de grenade au mollet gauche, fracture du péroné) ;

Cité à l’ordre de la Brigade le 28 septembre 1915 ; cité à l’ordre de l’Armée le 11 mai 1919.

Les Saint-Maixentais

Le capitaine Paul Perotel (Ecole Militaire d’Infanterie, 1900-1901).

Etudiant ;
Incorporé au 26e RI en novembre 1895 ; rengagé en 1898 ;
Soldat de 2e classe en novembre 1895, caporal en septembre 1896, sergent en septembre 1897, sergent-fourrier en 1899, élève-officier en 1900, sous-lieutenant en 1901, lieutenant en avril 1903, capitaine en mars 1914 ;
Au 26e RI de 1895 à 1899 ; élève-officier à l’Ecole Militaire d’Infanterie en avril 1900, au 29e BCP de 1901 à 1913, au 5e BCP en mars 1914 ;
Blessé au Linge le 4 août 1915 (éclat d’obus à la tête) ; blessé au Linge le 7 août 1915 (plaie à l’épaule droite par éclat d’obus) ;

Cité à l’ordre de l’Armée le 4 septembre 1915 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1915.

Le capitaine Victor Muller (Ecole Militaire d’Infanterie, 1902-1903)

Engagé volontaire pour 3 ans en 1895 ; rengagé en 1898, 1901 ;
Soldat de 2e classe en octobre 1895, caporal en septembre 1896, sergent en août 1897, sergent-fourrier en août 1898, élève-officier à l’Ecole Militaire d’Infanterie en avril 1902, sous-lieutenant en mars 1903, lieutenant en avril 1905, capitaine en décembre 1914 ;
Au 5e BCP le 17 décembre 1914 ;
Blessé à Uffholtz le 4 février 1915 ;

Cité à l’ordre de l’Armée le 25 décembre 1914 ; cité à l’ordre de l’Armée le 20 février 1915 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en mars 1916 ;

Mort le 30 juin 1923 des suites de blessures de guerre.

Le capitaine Jean Eugène Victor Cardot (Ecole Militaire d’Infanterie, 1909-1910).

Etudiant ;
Incorporé au 115e RI en novembre 1903 ; rengagé en 1906, 1907, 1908, 1909 ;
Soldat de 2e classe en novembre 1903, caporal en mars 1904, sergent en septembre 1904, sergent-fourrier en mai 1906, élève-officier à l’Ecole Militaire d’Infanterie en octobre 1909, aspirant en septembre 1910, sous-lieutenant en octobre 1910, lieutenant en octobre 1912, capitaine le 2 juillet 1915 ;
Au 115e RI en 1903, au 25e RI en 1910, au 5e BCP en 1913 ;
Blessé à Steinbach le 13 décembre 1914 ; blessé au Schratzmännele le 5 août 1915 (plaie de la face, plaie de la langue) ;

Cité à l’ordre de l’Armée le 9 octobre 1914 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1915.

Le capitaine Emile Claude François Marion (Ecole Militaire d’Infanterie, 1898-1899).

Engagé volontaire au 159e RI en octobre 1892 ;
Soldat de 2e classe en octobre 1892, caporal en mai 1893, caporal-fourrier en octobre 1893, sergent-fourrier en décembre 1893, sergent en mars 1894, sergent-major en juin 1896, élève-officier à l’Ecole Militaire d’Infanterie en avril 1898, sous-lieutenant en avril 1899, lieutenant en avril 1901, capitaine en mars 1913 ;
Au 159e RI de 1892 à 1896, au 109e RI de 1899 à 1901, au 44e RI de 1910 à 1913, au 2e RE de 1913 à 1915, au 5e BCP en juillet 1915 ;
Blessé au Linge le 7 août 1915 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1914 ;

Mort le 22 mars 1923.

Les officiers issus du rang

Le lieutenant Michel Gadat.

Valet de chambre ;
Incorporé au 5e BCP en octobre 1911 ; rengagé en 1913 ;
Chasseur de 2e classe en octobre 1911, caporal en avril 1912, sergent en septembre 1912, adjudant en octobre 1914, sous-lieutenant à titre temporaire en janvier 1915, lieutenant à titre temporaire en mai 1915 ;
Blessé à Ingersheim le 22 août 1914 ;
Tué au Schratzmännele le 29 juillet 1915 ;

Cité à l’ordre de la Division le 16 février 1915 ; cité à l’ordre de l’Armée le 2 septembre 1915.

Le sous-lieutenant Emile Audemard.

Coupeur en casquettes ;
Engagé volontaire pour 3 ans en 1907 ; rappelé le 2 août 1914 ;
Dragon de 2e classe en 1907, brigadier en 1907, chasseur de 1re classe en 1914, caporal en avril 1915, sergent en juin 1915, aspirant en juin 1915, sous-lieutenant à titre temporaire le 16 juillet 1915 ;
Au 23e régiment de dragons en 1907, au 5e BCP en 1914 ;
Tué au Schratzmännele le 1er août 1915 ;

Cité à l’ordre de la Division le 7 août 1915.

Le lieutenant Léonard Nouhaud.

Comptable ;
Engagé volontaire pour 5 ans en 1909 ; rengagé en 1914 ;
Cuirassier de 2e classe en février 1909, brigadier en septembre 1910, maréchal des logis en 1912, sous-lieutenant à titre temporaire en juillet 1915 ;
Au 5e R.Cuir. de 1909 à 1915, au 5e BCP en août 1915 ;
Blessé au Schratzmännele le 6 août 1915 (contusions lombaires par tronc d’arbre) ;

Cité à l’ordre du régiment le 16 juillet 1915 ; cité à l’ordre du bataillon le 30 août 1917 ; cité à l’ordre de la Division le 26 novembre 1917 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en juin 1920 ;

Mort le 24 mai 1934.

Le sous-lieutenant François Bernin.

Serrurier ;
Incorporé au 5e BCP en novembre 1903 ; rengagé en 1906, puis en 1908, 1910, 1912 ;
Caporal en 1904, sergent en 1905, sergent-fourrier en 1907, adjudant en 1912, adjudant-chef en 1914, sous-lieutenant à titre temporaire en septembre 1914, sous-lieutenant à titre définitif en septembre 1915 ;
Blessé à Entre-deux-Eaux le 1er septembre 1914 ;
Blessé au Linge le 29 juillet 1915 (coup de feu à la tempe gauche ayant provoqué l’énucléation de l’œil droit) ;

Cité à l’ordre de l’Armée le 10 octobre 1914 ; cité à l’ordre de l’Armée le 4 septembre 1915 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1915 ;

Mort le 6 janvier 1920.

Le sous-lieutenant François Henri Chaffanjon.

Tailleur de pierres ;
Incorporé au 15e BCP en novembre 1903 ; rengagé en 1906, 1908, 1910, 1911, 1912, 1913 ;
Chasseur de 1re classe en juin 1905, caporal en septembre 1905, caporal clairon en septembre 1906, sergent clairon en janvier 1907, adjudant en 4 août 1914, adjudant-chef en juin 1915, sous-lieutenant à titre temporaire le 16 juillet 1915 ;
Au 15e BCP de 1903 à 1906, au 5e BCP en septembre 1906 ;
Tué au Schratzmännele le 29 juillet 1915 ;

Cité à l’ordre du bataillon ; cité à l’ordre de l’Armée le 2 septembre 1915.

Le sous-lieutenant Gabriel Pierre Charles Champeytinaud.

Répétiteur ;
Incorporé au 5e BCP en octobre 1913 ;
Chasseur de 2e classe en octobre 1913, caporal en janvier 1914, sergent en février 1914, aspirant en décembre 1914, sous-lieutenant à titre temporaire en mai 1915 ;
Cité à l’ordre de l’Armée le 27 février 1915 ; cité à l’ordre de l’Armée le 2 septembre 1915 ;
Tué le 18 octobre 1916.

Le sous-lieutenant Joseph Marie de Framond.

Engagé volontaire pour 3 ans en 1907 ; rengagé en 1910, 1911, 1912, 1913 ;
Sous-lieutenant à titre temporaire en février 1915, lieutenant en juin 1917 ;
Au 10e régiment de dragons en 1909, au 260e RI en février 1915, à la 1re brigade de chasseurs en juin 1915, au 5e BCP le 22 juin 1915 ;
Blessé au Schratzmännele le 1er août 1915 (plaies et lésion à l’épaule gauche) ;

Cité à l’ordre de la Division le 2 décembre 1915 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en avril 1919 ;

Mort le 15 mars 1969.

Le sous-lieutenant Paul René Louis Marie Maurice.

Incorporé en octobre 1905 ;
Soldat de 2e classe en octobre 1905, caporal en septembre 1906, sergent en décembre 1907, adjudant en août 1914, sous-lieutenant à titre définitif en juillet 1915 ;
Chevalier de la Légion d’honneur en 1937 ;
Mort le 19 septembre 1944, fusillé par les Allemands.

Le sous-lieutenant Emile Auguste Melciolle.

Limonadier restaurateur ;
Incorporé au 21e BCP en octobre 1908 ;
Chasseur de 2e classe en octobre 1908, caporal en février 1909, sergent en septembre 1909, sous-lieutenant de réserve à titre temporaire le 10 mai 1915 ;
Blessé au Linge le 5 août 1915 (hémiplégie gauche par pierre consécutive à éclat d’obus).

 

… et les autres (à savoir ceux dont le parcours nous est partiellement ou totalement inconnu) :

Le lieutenant Pierre Paul Clerc.

Douanier ;
Blessé au Linge le 4 août 1915 ;

Cité à l’ordre de l’Armée le 8 octobre 1915.

Le sous-lieutenant Nicolas Fort.

Blessé au Linge le 5 août 1915.

Le sous-lieutenant Paul Victor Gérard.

Engagé volontaire au 5e BCP ;
Au 45e BCP en juin 1918 ;
Mort de ses blessures le 19 août 1918.

Le sous-lieutenant N.L.A. Hennequin.  

Blessé au Linge le 29 juillet 1915.

Le sous-lieutenant Georges François Auguste Montillot.

Sous-lieutenant le 16 juillet 1915 ;

Cité à l’ordre du bataillon le 1er février 1915 ;

Chevalier de la Légion d’honneur en 1931 ;

Mort le 3 décembre 1956.

Le sous-lieutenant Rousset.

Adjudant au 5e BCP avant juillet 1915 ;
Blessé au Linge le 7 août 1915.

 

Bien émouvante galerie de portraits que celle-ci, au final, qui réunit certes des officiers issus du sérail, mais surtout, devenus majoritaires au fil des pertes accumulées et des remplacements effectués, d’anciens sous-officiers ayant gagné leurs galons au feu, ou passés par Saint-Maixent. La diversité, et souvent même l’originalité, de leur profession avant guerre, nous montre, si besoin était, à quel point ceux-ci étaient aux antipodes de l’image, encore trop largement contrefaite, qui peut être donnée d’eux.

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