Il y a 100 ans, le 29 mars 1918, un obus allemand tiré sur Paris touchait l’église Saint-Gervais pendant l’office du Vendredi Saint. L’effondrement de la nef fit près de 91 morts. Quel lien avec Charles Barberot ? Le curé de la paroisse – l’abbé Gauthier – qui s’illustra pendant ce drame, était un ami intime de la famille Barberot. Et le nom du commandant est encore aujourd’hui présent sur les plaques commémoratives des morts de la Grande Guerre de l’église.

Le drame du 29 mars 1918

Depuis le 23 mars 1918, afin de détruire le moral des parisiens et alors que l’Allemagne déclenche l’offensive qui doit être décisive, de nouveaux canons géants avec une portée de 140 km tirent quotidiennement sur la ville à partir de la forêt de Saint-Gobain. Le 29 mars, un obus tombe sur l’église Saint Gervais, pendant les vêpres du Vendredi Saint, et touche un pilier. Une partie de la voûte s’effondre et tue ou blesse grièvement une large partie des fidèles. Près de 91 y trouveront la mort, 68 seront blessés. Le drame a un retentissement considérable, et symbolise pour beaucoup la barbarie allemande.

L’abbé Gauthier

L’abbé Gauthier, curé de la paroisse depuis 1907, célèbre les vêpres au moment du drame. Le chœur n’est pas touché et épargne donc les célébrants. Le prêtre organise aussitôt les secours et donne l’absolution aux mourants. Selon des témoins, il s’en prend vivement aux Allemands, et au pape Benoit XV qui ne condamne pas la « barbarie germanique ». Pour son action lors de ce funeste jour, il sera nommé chevalier de la légion d’honneur en 1921.

Marcel Gauthier, avec Maurice et Jacques Barberot. Jacques est le fils de Charles (1904)

L’abbé Marcel, Théodule Gauthier est né à Beaugency le 17 janvier 1855. Il se porte volontaire à 15 ans comme combattant pendant la guerre franco-prussienne de 1870-71. Il est décoré de la médaille de 1870. Il est fiancé, mais elle est tuée dans un accident de train. Il décide alors de devenir prêtre et rentre au séminaire Saint-Sulpice. Il est ordonné vers 1889. Dans ses premières affectations, il devient vicaire à Plaisance, dans le quartier qu’ habite la famille Barberot. Le père de Charles se lie d’amitié avec lui. Il sera aussi aumônier du lycée Charlemagne, vicaire à Saint-Etienne du Mont et à Saint-Gervais. En 1907, il en devient curé. Pendant la grande crue de 1910, il participe activement aux secours aux populations sinistrées à Paris et reçoit la médaille de sauvetage. Pendant la grande guerre, il soutient la création de l’ambulance 1008. Il reçoit pour cela la croix de guerre avec palme. A la mort de son fils, c’est son soutien que le père de Charles évoque dans le courrier adressé à un frère. L’abbé Gauthier restera curé de Saint-Gervais jusqu’en 1929. Il décède en 1939.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, le nom de Charles Barberot fait partie de ceux inscrits dans l’église Saint-Gervais. C’est probablement à l’abbé Gauthier que cette inscription est due. On ne retrouve pas son nom dans l’église Notre Dame du Travail, qui est pourtant celle du domicile de ses parents. Un peu plus loin, on peut retrouver le nom de l’abbé Gauthier sur la plaque qui indique les curés successifs de la paroisse.


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